Test Bleach : The Blade of Fate
Dès qu’il est question de mangas et d’animés, il est de notoriété que nous autres français sommes vraiment en retard par rapport au Japon et même aux Etats-Unis. En effet, il n’est pas rare qu’il nous faille attendre plusieurs mois, voire même années, avant d’espérer pouvoir admirer une série faisant fureur au pays du soleil levant. Malheureusement côté adaptations vidéoludiques il en est de même. C’est donc deux ans après sa sortie japonaise que Bleach : The Blade of Fate nous fait l’honneur d’apparaître sur nos étals. Alors, simple portage ou hit en puissance ?
Ichigo, Orihime, Chad et les autres
Lors du premier lancement du jeu et une fois l’introduction savourée, l’arrivée au menu principal s’accompagne d’un "Tout ça !". En effet, Treasure n’a pas lésiné sur les modes de jeu. Au nombre de cinq, ceux-ci se voient complétés par le traditionnel options mais également par des mystérieux : construction de deck, magasin et galerie dont le contenu sera développé un peu plus loin. Passons rapidement sur les modes entraînement et arcade qui restent très traditionnels dans leur conception et intéressons nous à ce que les développeurs ont nommé « Aventure ». Ce mode est composé de vingt-trois chapitres nous mettant chacun dans la peau d’un personnage différent et il faudra au joueur plusieurs heures pour en venir à bout. Les chapitres se débloquent au fur et à mesure de la progression et il n’est pas nécessaire de les faire dans l’ordre. Par ailleurs, c’est en les terminant que les personnages vont se débloquer peu à peu sur la grille de sélection des autres modes.
Quant à l’histoire, elle se situe au moment des événements prenant place à la « Soul Society ». Vient ensuite le mode versus où il sera possible de paramétrer un match en versus simple contre la console, en mode sans fil local avec ou sans partage de jeu et enfin en online via la CWF Nintendo. Petit bémol tout de même sur cette dernière option qui est entachée d’un lag atroce la rendant tout simplement injouable. La dernière possibilité offerte au joueur est le mode challenge où il faudra venir à bout de dix défis pour dix-neuf des personnages jouables. Ces défis sont en fait des combos qu’il faudra réussir, la liste des coups à réaliser étant clairement indiquée. Bien que cela puisse paraître aisé, certaines de ces manipulations demanderont de nombreux essais avant d’être parfaitement maîtrisées.
La DS à la conquête d’un genre
La portable de Nintendo est une console assez éclectique avec une ludothèque pouvant satisfaire tous les types de joueurs. Mais, s’il est facile de s’essayer à un genre, il n’est pas forcément aisé de rendre une copie exemplaire. Sega s’est donc tourné vers les développeurs de Treasure dont l’expérience et le CV pourraient rendre jaloux bon nombre de studios : Radiant Silvergun, Yu Yu Hakusho… Nous voilà donc en présence d’un jeu de baston proposant des duels pouvant aller de deux à quatre joueurs en solo ou en équipes. Ce qui interpelle tout d’abord, c’est le dynamisme des combats. En effet, les coups s’enchaînent avec une facilité déconcertante grâce aux contrôles bien pensés et à leur réactivité exemplaire. Trois boutons vont donc servir à asséner des coups d’intensité croissante et le quatrième permet un déplacement instantané. Ce dernier mouvement est d’une importance capitale puisqu’il va autoriser esquives et poursuites de l’adversaire afin de continuer une combinaison déjà bien engagée. Du côté des déplacements sur l’aire de combat les développeurs ont inclus la panoplie complète : course, dash, double sauts, dash aériens et enfin déplacement à l’arrière plan. En effet il est possible d’échapper à un adversaire un peu trop nerveux en se propulsant au second plan du stage afin de reprendre ses esprits.
Lors des affrontements à quatre joueurs les deux plans sont utilisés dès le début mais rien n’empêche les protagonistes de tous se retrouver au même endroit, la partie se transformant plus en foire d’empoigne qu’en combat stratégique. Bien évidemment le tableau n’aurait pas été parfait sans la présence des coups spéciaux dont le manga use et abuse. Chaque personnage se voit donc attribuer plusieurs de ces mouvements ainsi que plusieurs furies. Cerise sur le gâteau, les shinigamis ont même la possibilité d’utiliser leur Bankaï. Là où le jeu aurait pu se retrouver complètement déséquilibré à cause d’un déchaînement continu de super pouvoirs, l’expérience de Treasure a fait la différence. En sus de la traditionnelle barre d’énergie, il est possible de trouver juste en dessous une jauge de pression spirituelle se remplissant avec les coups donnés à l’adversaire. Cette pression est stockée sous forme de trois unités utilisables pour réaliser une manœuvre d’évasion ou pour les furies qui la consommeront plus ou moins en fonction de leur puissance. En bas à gauche de l’écran se trouve une troisième jauge se remplissant automatiquement. Celle-ci se décompose en trois sections, chacune servant au choix à la téléportation de son combattant ou au déclenchement d’un coup spécial. Tout ceci peut paraître complexe mais permet en fait de proposer un gameplay pointu qui devrait satisfaire aussi bien les techniciens chevronnés que les joueurs occasionnels.
Pour ces derniers les développeurs ont pensé à tout puisque l’écran tactile va pouvoir servir de raccourci pour le déclenchement des différents pouvoirs : une fois que les jauges spirituelles ont commencé à se remplir, les boutons s’allument afin d’indiquer au joueur quels sont les supers mouvements disponibles, et ceci d’un seul coup d’œil. Dernier point de gameplay à évoquer : les cartes. Achetables dans la boutique sur le menu principal grâce aux points chèrement gagnés dans le mode histoire, elles vont permettre d’influencer temporairement les caractéristiques (attaque, défense, vitesse…) des différents combattants. Ce système se base sur une pioche aléatoire de huit cartes sur un jeu de quinze constitué au préalable par le joueur : deux cartes sont affichées sur l’écran tactile et elles sont remplacées après avoir été utilisées. Bien jouées elles peuvent donc permettre de se sortir d’une mauvaise passe mais le côté aléatoire du tirage ne permet pas de se reposer uniquement sur elles, un solide entraînement étant comme très souvent la clef du succès.
Des Shinigamis en pleine forme
Dès le début, les yeux et les oreilles sont pleinement satisfaits avec une introduction haute en couleurs faite d’artworks et soulignée par la bande originale japonaise : du plaisir à l’état pur et pas uniquement pour les fans de la série. Cela fait son petit effet et permet aux joueurs de s’imprégner directement de l’ambiance du manga. Mais la prouesse graphique ne s’arrête pas là ; en effet les vingt-six personnages jouables présents sur la cartouche sont reproduits avec minutie, aussi bien dans leurs postures que dans le code vestimentaire. Bien évidemment les fans y trouveront sûrement à redire sur l’aspect vieillot de l’ensemble mais n’oublions pas que le titre est sorti depuis deux ans déjà au Japon. Autre petit plaisir visuel qui montre encore une fois le souci de bien faire de la part de Treasure : le mode « Aventure ». En effet, chaque combat est introduit par des cut-scènes réalisées à base d’artworks hauts en couleurs et sur fond de dialogues introduisant l’histoire.
Pour en finir sur l’aspect graphique, l’animation des personnages peut sembler un peu trop sèche alors que la tendance générale des titres actuels semble mettre en avant la fluidité et la décomposition des mouvements. Cela ne nuit pas du tout au jeu et renforce l’impression de technicité et de synchronisation demandée par le titre afin de caler des combos ravageurs. Encore une fois il est bon de rappeler que le titre accuse son âge avec une console moins bien maîtrisée par les développeurs à l’époque. Enfin, que ceux qui s’inquièteraient de la santé de leurs oreilles se rassurent, encore une fois le constat est des plus positifs. Les musiques collent parfaitement à l’ambiance et les voix digitalisées sont vraiment bien rendues même sur les haut-parleurs de la DS. Petit bémol sur ce dernier point puisqu’il faudra se contenter des voix américaines même si le doublage est convainquant avec des tournures et des expressions parfois crues qui feront sourire les anglophones.