Test Mario & Sonic aux Jeux Olympiques
Qui aurait pu croire, il y a encore une dizaine d'années, que Sonic et Mario se rencontreraient un jour ? Depuis la mort de la Dreamcast, le hérisson bleu passe souvent d'une plateforme à l'autre. Il semblerait cependant que Sonic se plaise sur la tactile de Nintendo, c'est donc tout naturellement que l'énorme cross-over olympique débarque sur cette plateforme pour faire bien des heureux auprès des nostalgiques. Mais qu'en est-il vraiment ? Est-ce un véritable jeu prônant les valeurs de l'événement sportif ou avons-nous affaire à une classique compilation de mini-jeux ?
Mascottes ennemies
Des années 90, les plus vieux se souviennent sûrement du terrible combat à base de "Sega c'est plus fort que toi !" et autres slogans qui ne faisaient clairement pas dans la dentelle. Qu'en reste t'il aujourd'hui ? Du côté de Sega, malheureusement pas grand-chose, car si effectivement il se peut que la masse populaire soit moins forte que l'éditeur, le marché a eu par contre complètement raison de lui. La Dreamcast décédée, reste alors un emblématique personnage : Sonic. Que faire de ce brave hérisson que tous les joueurs apprécient ? Et s’il venait à participer à un grand tournoi d'épreuves en tout genre avec son ennemi, mais néanmoins allié désormais Mario, le plombier de Nintendo ? Les jeux de Pékin fournissent donc un cadre rêvé pour cette rencontre dont on est le principal acteur. Les Jeux Olympiques sont ouverts et devinez quoi ? Mario et Sonic sont prêts à en découdre. Que le spectacle commence !
Ce qui frappe avant toute chose, une fois la cartouche de ces J.O. virtuels insérée dans la console, c'est la qualité des menus et de l'interface globale. Faisant clairement penser à une retransmission télévisée très officielle, cet univers graphique teinté de couleurs joviales et d'une voix off dynamique accueille le joueur avec délicatesse et sait se faire très encourageant pour la suite. Un simple lancement de partie rapide ou d'un vrai championnat parmi les nombreuses coupes à débloquer en mode solo viendra aussi nous prouver que si la Nintendo DS est souvent critiquée pour ses graphismes, elle sait aussi toujours autant étonner plusieurs années après sa sortie. Oubliez le bien insipide Mario 64 DS et dites bonjour à des polygones bien plus nombreux, donnant vie d'une bien jolie façon à une liste composée d'une vingtaine de héros piochés dans les deux univers. Luigi contre Amy, Bowser contre le Dr.Eggman, Knuckles contre la Princesse Peach… Les duels les plus improbables sont possibles et sont retranscrits avec un moteur de jeu qui fait de véritables merveilles.
Alors certes, les détracteurs affirmeront que de toute façon, les environnements ne sont pas très grands et qu'il est donc plus facile pour les développeurs d’attribuer un maximum de polygones aux personnages principaux. Mais si cette affirmation, certes tirée par les cheveux mais pas dénuée de sens, peut-être confirmée, il n'empêche que le résultat final est assez saisissant ! Les animations sont sympathiques, les couleurs chatoyantes, les environnements semblent vastes et les tribunes bien remplies. Une vraie réussite pour de la Nintendo DS. On n’en attendait pas moins pour un tel événement.
Stylet sportif
Mario & Sonic aux Jeux Olympiques fait partie d'une liste de nombreuses compilations de mini-jeux sortis sur Nintendo DS. Seul son thème, les J.O., le rend particulièrement original face à la concurrence. En effet, quel autre jeu vous propose d'enchaîner du lancer de javelot avec de la course, du ping-pong, du vélo, de la gymnastique, du trampoline ou encore du lancer de poids ? Tout se joue bien évidemment au stylet et utilise l'écran tactile de plusieurs façons. Plusieurs jeux ont cependant un gameplay identique, visant tout d'abord à charger son départ avant une course, ou à applaudir devant le micro de la console pour encourager la foule et ainsi faire grimper l'adrénaline du joueur. Vient ensuite la première phase de tactile, misant souvent sur un tracé frénétique à répéter d'un côté à l'autre de l'écran. Si la course s'arrête à cette simple explication, le saut en longueur rajoute par exemple une phase de saut proposant de "tracer" l'angle vers lequel se dirigera le joueur. Ceci afin de gagner un maximum de centimètres supplémentaires pour frapper violemment le sable de ses chaussures et ainsi vaincre le meilleur des temps. Autre exemple : le lancer de javelot reprend le même concept, mais pour une autre fonction. Certains reprocheront ce manque d'originalité entre les épreuves et n'auront pas tort. Néanmoins, cela n'est pas extrêmement préjudiciable pour le plaisir de jeu. Seule la durée de vie en pâtira légèrement.
Du côté des épreuves les plus originales se trouvent les différentes compétitions de vélo, mais aussi et surtout, le lancer de poids qui propose une sorte de jeu de rythme rapide et précis qui fera la joie des amateurs d'épreuves courtes mais intensément funs. Dommage toutefois que certains mini-jeux soient moins réussis, comme le Ping-Pong qui est à la fois beaucoup trop facile et beaucoup trop long. Certaines sections de ce mini-jeu prennent à elles seules plus de 5 minutes, ce qui est excessivement ennuyant pour peu que l'on accroche que trop peu au concept. Heureusement, d'autres épreuves originales font plaisir à voir, comme la gymnastique permettant de jouer du tactile de façon très précise avec des figures improbables, mais très joliment retranscrites et absolument passionnantes à réaliser. Même chose pour les phases de trampoline ne demandant pourtant qu'un simple touché de points en ordre numérique, mais remplissant parfaitement son rôle de mini-jeu amusant.
Reste qu'en solo, Mario & Sonic aux Jeux Olympiques n'est pas amusant sur le long terme. On répète vite les mêmes actions et même si de nombreux bonus sont à débloquer avec quelques mini-jeux bien pensés à la clef, tous bien entendu teintés de nostalgie et d'anecdotes historiques sur les Jeux Olympiques, il faudra surtout se tourner vers le multijoueur en Wi-Fi pour vraiment en profiter.
À plusieurs, c'est mieux !
Même si la présence de parties locales reste particulièrement appréciable, surtout pour une petite soirée entre amis, le mode de jeu en ligne reste bien plus attrayant et intéressant. Des compétitions en ligne totalement internationales, et bien entendu gratuites, viendront dévorer votre temps libre. Toutes les épreuves sont disponibles et il est même possible de se perfectionner dans certaines d'entre elles pour envoyer son meilleur score et ainsi triompher sur les plus hautes places du podium. Malheureusement, les premières places sont occupées par les plus hardcore des joueurs et il reste aujourd'hui pratiquement impossible de les faire descendre de leur piédestal. Mais il est très intéressant de pouvoir comparer ses scores avec ses amis ou même avec la populace mondiale pour se donner quelques nouveaux buts dans certaines épreuves. Aussi, les parties en ligne restent toujours aussi conviviales malgré le manque de moyens de communication permettant aux joueurs de s’échanger quelques mots.
Ce n'est donc pas une surprise, si Mario & Sonic aux Jeux Olympiques s'en tire avec les honneurs en solo, il trouve toutefois tout son potentiel dans ses différents modes multijoueurs bien plus conviviaux et funs sur le long terme. Reste que la durée de vie proposée est conséquente et que même ceux ne possédant pas de connexion Internet devraient s'y retrouver pour peu qu'ils n'aient pas trop de mal avec les disciplines olympiques officielles et qu'ils ne possèdent pas la version Wii, forcément bien plus attractive, variée et passionnante.