Test Ninja Gaiden : Dragon Sword
Ryu est de retour sur une plateforme sur laquelle on était loin de s'attendre à le retrouver ! Après la console de Microsoft, c'est au tour de la tactile de Nintendo d'accueillir la série des Ninja Gaiden, et en 3D s’il vous plaît ! Encore une fois, la Team Ninja ne se moque pas du joueur…
Loin d'être un gadin ?
Transfuge de la concurrence, mais pourtant bien connue pour ses premiers épisodes en 2D sur les consoles de Nintendo, la série des Ninja Gaiden fait son retour chez la firme aux frères plombiers moustachus avec un tout nouvel épisode : Dragon Sword. Ryu, le héros des nouveaux Ninja Gaiden en 3D, est entièrement modélisé en 3D sur une console bien connue pour ses faibles réalisations du genre, en tout cas chez ses éditeurs tiers. Namco et la Team Ninja se démènent et nous offrent un mélange de 2D (pour les décors) et de 3D (pour les personnages) particulièrement savoureux. On en prend plein les yeux et ce ne sont pas les nombreuses cinématiques, en diaporama de dessins somptueux bien mis en scène, qui viendront gâcher la fête. Ces cinématiques sont d'ailleurs présentes pour nous plonger dans une histoire d'épée sacrée, de bijoux à récupérer et de pouvoirs mystiques. L'habituelle série de clichés de tout jeu de Ninja qui se respecte ? On était tout de même en droit de s'attendre à quelque chose d'un peu plus travaillé de ce côté là. Néanmoins, les personnages secondaires ont une grande importance puisqu'ils peuvent être découverts tout au long de l'aventure. Les discussions qu'ils proposent offrent de jolis indices pour la progression de l'histoire, mais aussi pour celle du joueur. L'occasion aussi de retrouver quelques têtes bien connues par les fans de la série.
Ninja Gaiden : Dragon Sword possède une particularité loin d'être banale pour un jeu d'action sur la console tactile de Nintendo : il oblige le joueur à tenir sa console comme un livre. Comme le Programme d'Entraînement du Professeur Kawashima ! Qui aurait cru que ces deux personnages auraient un jour autant de choses en commun… Cette utilisation si particulière de la console permet de proposer un espace de jeu moins ouvert sur le côté, mais plus fluide, sans compter que c’est bien plus pratique avec un stylet dans les mains. D‘ailleurs, ce sympathique petit crayon magique a plus d'un tour dans son sac ! Mieux que ça, il est omniprésent, Ninja Gaiden : Dragon Sword se joue entièrement avec. Le tout tactile a encore frappé, pour le meilleur et rien que pour le meilleur ?
Shurikens tactiles !
Ryu se déplace très simplement en lui montrant la direction avec le stylet. Jusque ici, rien d'original. Pour attaquer, le joueur doit par contre toucher l'ennemi. Notre héros attaque alors directement dans la direction choisie. On enchaîne alors d'une simplicité enfantine les combos les plus dévastateurs sur une dizaine d'ennemis en moins de cinq minutes. Plusieurs techniques de combat sont aussi présentes pour toujours plus de fun lors des affrontements. Il est par exemple possible de sauter (en frottant le stylet vers le haut) et de retomber violemment sur ses assaillants en faisant le geste contraire, vers le bas, de façon rapide. Mieux encore : les ennemis les plus inaccessibles peuvent être atteints avec des shurikens. Pour se faire, le joueur pointe l'ennemi rapidement et Ryu lance ses précieuses et mortelles petites étoiles droit sur sa cible. Efficace ! Même les magies de la série, appelées Ninpo, sont de la partie. Celles-ci s'activent, une fois découvertes et débloquées, d'un simple touché sur le logo correspondant. On passe alors sur un autre écran où il suffit de dessiner un signe pour lancer le pouvoir et ensuite le guider sur le terrain pour terrasser un maximum d'adversaires. Jouissif.
Mais alors, Ninja Gaiden : Dragon Sword serait-il sans défaut ? Pas tout à fait. Si on oublie l'absence totale de scénario sur plusieurs des treize niveaux du jeu et une répétitivité commune à tous les jeux du genre, il est toutefois regrettable de remarquer un manque flagrant de difficulté ! Dragon Sword ne fait pas dans la même difficulté que ses aînés et tous les publics pourront s'y adonner sans avoir peur de recommencer une centaine de fois le même passage du jeu. Les points de sauvegardes sont même assez nombreux pour ne pas être recherchés plusieurs minutes durant, en vain. Bref, pour sa sortie sur DS, Ninja Gaiden se simplifie un peu et la durée de vie en pâtie puisqu'elle ne dépasse pas les six heures de jeu. Un mal pour un bien, sans doute. Dragon Sword est techniquement impressionnant et se révèle bien plus fun qu'il en a l'air aux premiers abords. Mais il est aussi la preuve que les jeux tactiles pour "Gamers" ne sont pas morts. Espérons juste que la concurrence saura en tirer une leçon des plus honorables…