Test Osu! Tatakae! Ôendan
En attendant l'immense version américanisée de ce jeu, nommée Elite Beat Agents et prévue désormais pour ce mois de novembre aux States, voici l'occasion de revenir sur le jeu genèse japonais qui, après plus d'un an, reste toujours aussi spécial, déjanté et expressément conseillé à tout joueur de bon goût. Certes le verdict semble davantage s’orienter vers le positif mais pour comprendre pourquoi, lisez notre test complet !
Oooeeennndaannnnnnnnn !!
Ce cri c'est celui de toute personne désespérée qui aurait besoin d'un petit coup de fouet pour se motiver. Que l'on soit lycéen en passe de devenir bachelier, secrétaire éperdument amoureuse d'un patron qui ignore son personnel, cheval de course prêt à arrêter un dangereux malfrat, jeune homme prêt à tout pour séduire la belle voisine, peintre en manque d'inspiration ou, tout simplement, sauveur de l'humanité, ce cri sera notre salut. Qu'arrive t'il lorsque nous perdons les pédales et que nous faisons sortir de notre bouche exaspérée ce Oendan à la fois triste et décidé ? Trois hommes viennent à notre rescousse, débarqués d'on ne sait où et sur un air de musique japonaise actuelle, ils se mettent à danser, à vous motiver puis, avec quelques touchés de stylet, vous redonnent confiance. Possesseurs de DS, vous allez devoir les aider à mener à bien leurs nombreuses missions rythmées. Osu ! Tatake ! Ôendan !
Prenant parfaitement en compte toutes les fonctionnalités de la console (excepter le micro), Ôendan commence par nous présenter ces modes Facile et Normal. Ne vous attendez toutefois pas à passer outre le premier, le plus simple, car celui-ci fait office d'excellent didacticiel tant sa difficulté est parfaitement réglée d'une chanson (d'un niveau) à une autre. Que ce soit dit : Ôendan est un jeu que l'on fait comme le gameplay : en rythme et dans l'ordre. Plusieurs joueurs se sont plaints lors de la sortie de sa difficulté repoussante mais après avoir terminé le mode Facile, il n'en sera rien. Les réflexes se travaillent et deviennent des automatismes qui s'allieront à vos battements de pieds pour faire de vous un manieur de stylet exceptionnel. C'est ici que le mode Normal entre en jeu et donne toute la puissance de ce genre de soft musical qui, pour les plus mélomanes, prend sans vraiment trop savoir pourquoi aux tripes et au cœur en nous emportant dans autant d'univers qu'il y a de musiques. Rajoutez à cela les nombreuses folies du "scénario" rocambolesque et le bouquet final : la musique "Ready Steady Go" (générique de FullMetal Alchemist pour les connaisseurs) qui se joue sur deux écrans laissant apparaître une météorite bien décidée à faire exploser notre bonne vieille planète terre. Certains repenseront au scénario du dernier niveau d'une des nombreuses merveilles que nous a laissée la Dreamcast après son départ, le tippant Space Channel 5…
Mais qu'en est-il de ce si particulier gameplay ?
Alors que l'écran du haut vous raconte l'histoire, ses déboires, ses réussites et ses nombreuses mise en scène bourrées de références et gags en tout genre, l'écran du bas laisse apparaître les modèles 3D de vos trois agents de motivation. Ceux-ci se mettent à danser en rythme avec la musique et ne vous demandent qu'une seule mais primordiale action : frapper les orbes de couleurs en rythme. Numérotés afin d'en faciliter la visibilité, ils s'activent en étant touchés par le stylet. Ainsi, chaque note aura sa petite bulle et celles-ci se suivront en rythme, ne demandant au joueur qu'à respecter leur ordre d'apparition. Certaines devront toutefois êtes prolongés le long d'une courbe pré-établie. En fin de courbe, il est possible qu'un aller-retour soit demandé. Tout cela au service des musiques qui, pour la vingtaine disponible en autant de missions bien entendu, collent toujours parfaitement. Un vrai travail d'orfèvre.
Techniquement, le jeu s'en sort à merveille puisque les musiques sont toutes en format stéréo. Inutile de vous préciser que les écouteurs (ou la paire d'enceintes, mais elle est plus difficile à transporter) sont conseillés pour profiter au maximum de la qualité du jeu. La sortie son de la console n'étant pas spécialement une réussite. On notera le mélange 2D et 3D des différents graphismes, si bien mélangés qu'il ne jurent jamais sauf peut-être sur certains rares zooms disgracieux lors des échecs. Enfin, parlons du multijoueur qui peut accueillir des parties jusque à 4 simultanément et qui reste une véritable perle entre amis, même si le mode solo a des qualités qu'aucun autre mode ne peut copier. Comme par exemple la possibilité de débloquer un mode Hard, aux notes plus nombreuses mais au plaisir de jeu forcément sensationnel, et un ultime duel en mode "maniaque" ou des Pom-Pom Girls viendront remplacer nos héros pourtant charismatique. Est-ce la seule différence avec les autres modes de jeu ? Non, vous aurez aussi à faire à un sérieux rétrécissement des notes à toucher. Un vrai gageure ! Mais croyez-le, tout cela gonfle considérablement une durée de vie qui parait pourtant aux premiers abords assez faible. Sans parler de la rejouabilité qui est exceptionnelle. Oui, Ôendan est un bon jeu, vous l'aurez aisément compris. Vous savez donc ce qu'il vous reste à faire… l'essayer pour être sur qu'il colle à vos goûts personnels. Mais si vous êtes déjà un amoureux transit des jeux musicaux, ne cherchez plus : Ôendan est le jeu qu'il vous faut ! Qui l'aurait cru ?