Test The Legend of Zelda : Phantom Hourglass
En direct du Japon, voici un long test import de la dernière production de Nintendo sur la console tactile. Au programme, une aventure qui prend beaucoup aux anciens opus mais qui n'oublie pas d'innover dans de bien nombreux domaines ! En attendant l’arrivée du soft dans nos contrées, vérifions déjà si vous avez l'âme du plus petit (et vert) des navigateurs. Pour le savoir nous vous invitons à lire ce test complet.
Un peu d'histoire…
Tout commence sur le bateau des pirates que de nombreux joueurs connaissent bien s’ils ont déjà parcouru les mers d'Hyrule sur leur Gamecube. Link et ses amis pirates font une traversée mouvementée quand ils se retrouvent nez à nez avec un bateau très impressionnant, semble-t-il fantôme, qui ne manque pas de les interpeller. Beaucoup plus impulsive que notre héros, Tetra, le chef des pirates, saute sur le vaisseau ennemi et disparaît aussitôt. N'écoutant que son courage, Link tente de la suivre pour la secourir mais se retrouve éjecté par-dessus bord. Il se réveille sur une île qui lui est totalement inconnue avec pour seules armes sa voix et ses roulades. Dur ! Histoire de réveiller les plus nostalgiques du tout premier épisode la NES, les concepteurs du jeu nous proposent alors de suivre les conseils d'un ancien pour obtenir son épée et les premiers coups qui vont avec. C'est ainsi que s'arrêtent les spoilers et que commence la description d'une aventure entièrement tactile qui risque de faire date…
Tout se joue au stylet. C'est un fait. Mais encore faut-il que ce soit une réussite ! Pour commencer, bouger est d'un naturel presque bêta. Il suffit de laisser le stylet dans une direction et de bouger celui-ci pour faire se déplacer le personnage. Pour frapper, deux solutions s'offrent au joueur : faire un vif geste d'épée dans la direction voulue pour déchiqueter tout ce qui s'y trouve ou bien, si un ennemi vous fait face, directement cliquer sur celui-ci. Link agira alors en conséquence et se ruera sur sa cible sans se soucier de la distance. Les coups spéciaux ne sont pas en reste… Nous retrouvons par exemple le magnifique 360° accompagné de son cri de jeunot qu'il ne faut vraiment pas énerver. Pour réaliser cette botte, il suffit tout simplement de "dessiner" un cercle rapide autour du personnage. Bien évidement, pour palier à la rapidité d'une action au stylet, le personnage sera étourdi quelques secondes s’il enchaîne trois coups spéciaux d’affiler. Un gameplay vraiment passionnant qui ne s'arrête d'ailleurs pas là puisqu'il est mis en valeur par chacun des objets à récupérer dans le jeu ! Le boomerang demande un tracé précis avant d'être envoyé, l'occasion de le contrôler avec une extrême facilité et une précision unique lors des nombreuses énigmes de donjons qui tirent partie de cette possibilité. Mais pensons aussi au grappin qui trouve dans son utilisation tactile une vraie cure de jouvence pour un objet habituellement un peu lourd à utiliser (si ce n'est dans le dernier opus Nintendo Wii).
Ce Phantom Hourglass sans son tactile serait un peu comme Link to the Past sans son monde parallèle et son petit lapin rose, il n'existerait pas. Phantom Hourglass a entièrement été pensé pour la Nintendo DS et ses capacités. Pas seulement tactiles puisqu’il faudra aussi souffler sur des torches pour les éteindre via le micro incorporé ou encore se servir des deux écrans pour valider certaines énigmes très coriaces. C'est d'ailleurs ici que la rédaction vous informe qu'il va falloir être très patient et attendre, au mieux, une sortie US du jeu puisque les dialogues sont d'une importance capitale pour toute l'aventure ! Ne vous ruez pas sur les exemplaires japonais en pensant que ce n'est "qu'un Zelda sans scénario". Même si cette phrase n'est pas totalement dénuée de sens (Phantom Hourglass ne possédant pas le scénario le plus mirobolant et prenant de toute l'histoire de la saga), elle reste totalement flouée par des énigmes complexes et bien travaillées. Difficile de savoir par exemple combien de pas il faut faire au nord quand on ne sait lire ni les chiffres, ni les directions japonaises…
Un Donjon pour les gouverner tous !
Qui dit Zelda, dit donjons vastes et passionnants. Ce Phantom Hourglass ne déroge vraiment pas à la règle puisqu'il propose sa flopée de temples plus retors les uns que les autres, bien qu'un peu plus courts que ceux auxquels nous avait habituée la saga. Sans doute pour mettre en valeur la grande nouveauté du jeu : le Donjon principal. Celui-ci donne tout son intérêt au logo du jeu, le sablier, puisque ce donjon voit ses différentes sections limitées par le temps. Du temps qui est d’ailleurs récolté lors de l'exploration du dernier temple connu où vous avez, de façon habituelle cette fois-ci, combattu un boss et récolté un nouvel artefact à utiliser. Quand Zelda change, ce n'est pas à cent pour cent et c'est tout à son honneur ! Les nouveautés ont de ce fait plus de finition. Ce temple principal et d'autant plus original qu'il propose un gameplay différent du reste du jeu… Il va falloir par exemple s'infiltrer parmi les gardes des différents étages ou, tout du moins, tenter d'en ameuter un minimum. Au pire, si vous vous faites coincer, vous pouvez toujours utiliser une dalle de transparence qui vous rendra invisible à l'œil de vos adversaires. Pratique et fort joli ! Comme le reste du jeu d'ailleurs…
Car c'est un fait, le cel-shading de ce nouvel épisode est somptueux même si un aliasing un peu trop présent vient gâcher la fête. Tout ça à cause d’un moteur qui ose peut-être trop souvent nous montrer des faciès de type pamplemousse en plein écran. Mais on ne fait jamais vraiment attention, tant l'univers et certains effets (la fumée, par exemple) sont tout simplement magnifiques. Un vrai plaisir pour les yeux. L'esprit Zelda y est cependant pour beaucoup et retrouver certaines idées graphiques d'un Wind Waker tout ce qu'il y a de plus beau n'est pas la plus difficile des décisions à prendre pour un joueur. A moins qu'il ne soit, déjà à l'époque, allergique au style graphique. Mais dans ce cas, que dire si ce n'est… "Dommage pour lui" ? Que dire aussi de la bande son certes pas très originale mais reprenant les meilleures thèmes sans jamais leur faire défaut ? Que ce soit les grands thèmes frissonnants ou les petits cris du héros qui jaillissent de la console, vos oreilles seront aux anges. Un vrai plaisir pour les joueurs et une pure délectation pour les fans de la première heure.
Vous reprendrez bien un peu de Wind Waker ?
Ce n'est plus un secret pour tous ceux qui se sont précipités sur tous les screens diffusés par Nintendo lors des nombreuses annonces de ce jeu : Phantom Hourglass n'est ni plus ni moins que la suite de l'opus Gamecube de la série des Zelda. Wind Waker a fait couler beaucoup d'encre ! Tantôt adoré, aussitôt critiqué par certains fans, ce jeu vraiment différent des autres opus de la série proposait un univers très marin où l'on passait plus de la moitié de son temps de jeu à bord d'un bateau pour naviguer d'un endroit à l'autre. Des phases très jolies les premiers temps mais qui au bout de quelques temps lassaient un peu jusqu'à ce que la quête de la Triforce vienne rendre ces phases complètement insupportables pour les moins patients. Ce nouvel opus, Phantom Hourglass, se devait donc de reprendre le même univers mais d'en corriger les failles.
N'y allons pas par quatre cours d'eau pour annoncer que le pari est totalement réussi puisque nous sommes passés d'un Wind Waker très ennuyant à de passionnantes séquences de bateau au canon particulièrement vivace qui, pendant nos nombreuses croisières tout au long du jeu, nous distrait avec des séquences de "chasse aux monstres" très jouables et absolument amusantes. Malheureusement, au début de l'aventure, ce canon ne sera pas votre. Il va falloir le dénicher et pour cela, parcourir quelques îles en passant par la voie des mers, à l'ancienne. Heureusement, tant qu'à ennuyer les moins poétiques devant leurs écrans, autant de ne pas leur laisser le contrôle du bateau ! Ayant bien compris que cette possibilité n'avait pas un grand intérêt dans le précédent jeu, les développeurs ont décidé de faire d'une pierre deux coups en utilisant l'écran tactile à bon escient : ils ont ainsi permis au joueur de tracer son épopée sur la carte des mers. Une utilisation totalement excitante du stylet qui permet de se faire sa propre croisière avec la découverte de nombreux secrets et lieux cachés. Les passages sur l'eau seront aussi valorisés par l'aspect bricolage du bateau, sorte de Pimp My Boat made-in Nintendo. Une jolie référence n'est-ce pas ? Quoi qu'il en soit, le bateau est effectivement customisable via des pièces détachées à collecter tout au long du jeu. De quoi augmenter la vitalité, la puissance, la rapidité et tout un tas d'autres attributs de votre plus précieux allié après le drôle de coéquipier qu’est le capitaine.
Un coéquipier d'ailleurs bien mystérieux dont il est nécessaire de taire le moindre trait de caractère de peur de gâcher tout effet de surprise. Et pourtant il risque y en avoir des suprises, surtout pour les fans de la série qui découvriront que ce Phantom Hourglass sacrifie certaines habitudes de la saga, comme la quête des quarts de cœur qui a simplement disparu. Nul besoin de naviguer dans tous les sens et clamons haut et fort que même si ce Zelda n'est clairement pas le meilleur de tous, aventure portable oblige, il reste une expérience incroyablement prenante, graphiquement somptueuse et au gameplay donnant d'ores et déjà ses lettres de noblesse à une console qui n'a définitivement pas fini de nous épater !