Test Bleach : Shattered Blade
Pendant plus d’un an les fans européens du manga Bleach possédant une Wii ont attendu avec impatience l’arrivée de Bleach : Shattered Blade. Aujourd’hui le soft est enfin disponible et il est l’heure du verdict. De multiples questions se posent alors : ce volet réussira-t-il à convaincre tous les amateurs de jeux de combat ? Est-il, au même titre que Bleach : The Blade of Fate DS, un indispensable que tout adorateur de Shinigami se doit de posséder ? L’attente était-elle justifiée ? Les ardeurs de certains risquent de bien vite être refroidies…
Un coup de Zanpakuto dans l’eau
Une fois que l’on a le jeu tant attendu dans les mains, on allume sa console et on insère la galette. Quelques minutes plus tard, on découvre le menu du titre et l’excitation des premiers instants commence déjà à s’atténuer. En effet, il est bien difficile de s’extasier devant quatre malheureux modes de jeu des plus classiques, aucun brin de folie, aucun mode qui sorte de l’ordinaire. Malgré cette première approche légèrement décevante, c’est en grand fan de la licence que l’on se lance dans le mode épisode (mode histoire) pour en apprendre plus sur la Soul Society et sur les fragments de Sokyoku. Le bon côté, c’est que l’on commence avec trois héros et qu’après avoir entièrement découvert le scénario d’un personnage, on en débloque d’autres, le tout dans le but de découvrir une histoire propre à chacun d’eux. Le mauvais côté, c’est que chaque combat est entrecoupé de scènes qui permettent aux futurs adversaires de s’échanger deux phrases bien souvent inutiles. Dommage que les développeurs n’aient pas réellement repris le manga d’origine pour proposer quelque chose de plus consistant et de plus intéressant. Si en plus on en oublie les modes arcade et entraînement qui ne servent qu’à se défouler quelques minutes et le mode versus qui permet de passer une bonne soirée entre amis, on remarque que le titre manque clairement de profondeur.
Le minimum syndical
C’est étrange mais la remarque qui vient juste d’être faite pour le scénario s’applique aussi au gameplay. En effet, Sega a voulu rendre son titre des plus accessibles pour que petits et grands puissent en profiter, mais à force de vouloir simplifier les commandes, il arrive que le jeu devienne trop simpliste. C’est exactement le cas ici puisque le joueur n’a besoin de que trois coups de base pour maîtriser son avatar et espérer remporter un match. Ainsi, il est possible de couper (mouvement vertical de haut en bas avec la Wiimote), de trancher (mouvement horizontal de gauche à droite) et de poignarder (mouvement horizontal sec vers l’avant). A cela on ajoute la possibilité de porter des attaques critiques (les mêmes que celles déjà citées en maintenant le bouton A enfoncé) pour faire plus de dommages et des contrôles dits avancés permettant de se déplacer rapidement sur la zone de jeu ou de lancer une attaque spéciale, et on obtient un panel de coups limités et redondants. C’est vraiment dommage puisque dans le fond ce Bleach Wii n’est pas si mauvais que cela et permet de passer quelques minutes agréables, le temps de se défouler un bon coup avant de passer à autre chose, et ce sans prise de tête. Malheureusement ce n’est pas le mode Clash, qui se déclenche lorsque les deux adversaires lancent une attaque critique simultanément, qui nous poussera à jouer plus qu’une quinzaine de minutes par session de jeu. En effet, si celui-ci part d’une bonne idée en demandant d’effectuer une des trois attaques dans le bon timing, il devient rapidement ennuyant tant la reconnaissance des mouvements est peu précise et le résultat ne relève que du hasard. Trois attaques avec la première qui bat la seconde qui bat la troisième qui bat la première, cela ne vous rappelle rien ? Un petit indice : pierre, feuille et ciseau…
Si t’es sage, tu auras des images !
Si le fait de gesticuler dans tous les sens pour porter de nombreux coups et espérer sortir quelques combinaisons plaira à certains et déplaira à d’autres, tout le monde se mettra d’accord pour dire que graphiquement ce Bleach accuse le coup. De l’aliasing, des décors vides et des personnages sommairement modélisés, bien que reconnaissables au premier coup d’œil, il n’y a pas de doute, la version japonaise n’a pas été retouchée. C’est vraiment dommage puisque l’univers Bleach est bien là et le casting est des plus intéressants. En voyant les trente-deux personnages jouables à la classe plus ou moins indéniable, les fans, du moins les moins exigeants, auront vite fait de lui pardonner certains défauts. D’ailleurs, il faut bien avouer que les Bankai (attaquent puissantes libératrices de l’esprit du Zanpakuto – sabre trancheur d’âmes -) feront vibrer le cœur de bon nombre de joueurs. Mais ce moment de pure extase n’est que de courte durée puisque, si on lève le son de son téléviseur, on remarque que seule la version américaine a été incorporée au titre. Un choix extrêmement douteux tant les voix japonaises sont chères aux nombreux amateurs d’animés. Enfin, les plus mauvaises langues diront que ce n’est qu’une erreur de plus, voire de trop… Pour terminer sur une note plus positive, notons tout de même qu’au fil de l’aventure on récolte des Kan (monnaie) et que ceux-ci permettent de se rendre dans le magasin de Urahara pour débloquer des tenues, des vidéos, des images, etc. Un bonus intéressant pour tous les amateurs de la licence et complètement inutile pour les autres.