Test Bully: Scholarship Edition
Rockstar est actuellement sous les feux de la rampe avec la sortie mondiale du très attendu GTA IV, mais les possesseurs d’une Nintendo Wii ont été laissés pour compte puisque le titre est réservé aux consoles de nouvelle génération que sont la Xbox 360 et la PlayStation 3. Pour compenser, la firme a réédité un titre sorti en 2006 sur PlayStation 2 : « Canis Canem Edit ». Pour le coup, ils ont même repris le nom original, à savoir « Bully : Scholarship Edition ». Bien qu’ovationné sur la console de Sony, le soft souffrait de quelques défauts qui pouvaient faire grincer des dents. Une question se pose alors : s’agit-il là d’un simple portage ou les développeurs ont-ils réellement voulu satisfaire les adeptes de Nintendo en rendant une copie revue et corrigée ?
Une rentrée mouvementée !
L’histoire se déroule en Nouvelle-Angleterre, à la Bullworth Academy, où vous allez prendre les commandes du jeune Jimmy Hopkins. Ce dernier est un adolescent quelque peu chamboulé par les mariages successifs de sa mère et se complait dans les conflits d’autorité avec les adultes l’entourant. Alors que celle-ci vient de remettre le couvert pour la cinquième fois avec un richissime inconnu, le nouveau couple décide de fêter l’événement en partant un an en croisière. Bien évidemment le fiston n’est pas invité aux réjouissances et le voilà donc déposé délicatement sur le trottoir face à l’école où il va tenter de décrocher son diplôme. Enfin, c’est ce qu’il faudrait en théorie, mais ses intentions sont tout autres : rien de mieux que de devenir celui que tous respectent et que les filles s’arrachent. Pour atteindre ce but il faudra avant tout se mettre dans la poche les différents clans peuplant les couloirs de l’école. Reconnaissables de part leurs accoutrements et leurs attitudes, il est possible d’en dénombrer cinq : les intellos toujours plongés dans leurs cahiers et notes de cours, les bourges à la pointe de la mode, les voyous sans cesse à la recherche d’une bonne bagarre, les blousons noirs et enfin les sportifs de l’équipe de football. Cerise sur le gâteau, la Bullworth Academy se trouve être une école mixte. Garçons et filles se côtoient donc sans aucune pudeur et il n’est pas rare de voir des couples s’embrassant dans la cour et les couloirs. Cela s’arrêtera bien entendu là puisque dès la tombée de la nuit les dortoirs sont séparés de chaque côté du campus.
Le jeu est rythmé par une horloge située dans le coin de l’écran et égrainant le temps qui passe. Celle-ci n’est pas là pour décorer mais pour rappeler au joueur certains moments cruciaux de la journée. Après s’être réveillé à 8H, le héros devra en effet assister à deux cours par jour, le premier à 9H00 et le second en début d’après midi à 13H30. Rien ne nous force à y assister mais l’école buissonnière est fortement répréhensible et croiser un des surveillants alors que l’heure est aux études se transforme immédiatement en cavalcade afin de tenter d’échapper aux remontrances. Le reste de la journée est complètement libre et sera donc propice à la résolution des différentes quêtes. Leur variété est vraiment agréable et ce sera l’occasion de venir en aide à ses camarades, de jouer quelques mauvais tours à ses ennemis voire même quelques fois aux professeurs. Mais n’oublions pas que le héros n’est qu’un adolescent et celui-ci devra respecter le couvre feu de 23H sinon une fois encore les surveillants se feront un plaisir de le rappeler à l’ordre. Enfin, si à 1H du matin il est encore à se promener au clair de lune, Jimmy commencera à piquer du nez jusqu’à tomber de fatigue à 2H. Rien de méchant là dedans si ce n’est en général de s’être fait faire les poches pendant son sommeil.
Des cours, des filles et des bastons…
Côté gameplay le travail réalisé par Rockstar pour adapter le jeu au couple Wiimote / Nunchuk est vraiment bien abouti. Si les déplacements se font à l’aide du stick analogique, lors des combats chaque poing est géré indépendamment par chaque appareil. La prise en main est immédiate et la reconnaissance des mouvements bien rendue. Bien sûr il n’est pas nécessaire de faire des mouvements amples sinon chaque session de jeu risque de vite se transformer en véritable séance de fitness. Pour les différents cours auxquels le héros se doit théoriquement d’assister, les développeurs en ont fait des mini-jeux où une fois encore les capacités gyroscopiques des manettes seront mises à profit. Ainsi, la biologie sera transformée en parodie de Trauma Center, la musique nous demandera d’avoir le rythme de la même manière que pour les épreuves musicales des lapins crétins, en géographie il faudra planter des drapeaux sur les bons pays et toutes les autres matières sont du même acabit tant et si bien qu’aller en cours en deviendrait presque un plaisir. Bien évidemment il est possible d’avancer dans le scénario sans pour autant suivre les différentes matières mais celles-ci présentent un intérêt sous-jacent. Chaque fois qu’une épreuve est une réussite, on débloque des bonus : nouveaux enchaînements lors des combos, fabrication à volonté de boules puantes, nouveaux habits…
Si vous en avez marre de voguer de classe en classe et de répondre aux exigences scénaristiques, il reste la possibilité de visiter un peu le campus et ses alentours. En effet, passé le premier chapitre de l’histoire, les grilles de l’école s’ouvrent et le terrain de jeu devient bien plus conséquent avec la possibilité de parcourir certains quartiers de Bullworth. Le tout se débloquant bien au fur et à mesure de la progression dans la trame principale. La superficie globale de la carte est relativement importante tant et si bien que le skateboard se voit très vite troqué contre un vélo ou même un scooter ; point d’automobile à réquisitionner car Jimmy n’a évidemment pas l’âge requis. Mais que peut bien faire un élève en dehors de son campus diriez-vous ? Les développeurs ont mis le paquet et il est tout bonnement impossible de s’ennuyer dans les rues de la ville. Le joueur peut devenir par exemple un adepte de la mode en dévalisant les boutiques, acheter des chocolats et autres petites attentions pour ses conquêtes ou même se rendre à la fête foraine où il peut essayer toutes les attractions présentées sous formes de mini-jeux. Si avec tout cela certains arrivent à s’ennuyer, il reste encore la possibilité de partir à la recherche des différents objets cachés qui débloqueront quelques bonus de la même manière que les paquets dans GTA. Dernier point, si dans l’enceinte du lycée ce sont les surveillants qui se chargent de faire respecter la loi, dans les rues de la ville c’est la police, aux méthodes bien plus efficaces, qui s’en charge. Attention donc de ne pas faire n’importe quoi…
Des feuilles mortes, de la neige et du soleil
Le principal défaut qu’il était possible de constater dans la version d’origine était la qualité graphique du titre. En effet, la PlayStation 2 trouvait en ce jeu une limite technique insurmontable. Avec la version Wii, le soft profite avantageusement du supplément de puissance qui lui est offert. L’aliasing disparaît donc des écrans pour le plus grand plaisir des yeux et le frame rate revient à un niveau très acceptable même si par moments celui-ci chute à nouveau pendant quelques courts instants. La faute à certains environnements extérieurs un peu trop chargés ou au temps que la console met pour charger en mémoire les différents éléments graphiques lors de l’arrivée dans une nouvelle zone. Quant à la modélisation des personnages et au rendu des différentes textures, il est vrai que le résultat reste un ton en dessous de celui des productions actuelles. Mais le titre de Rockstar prétend à autre chose... En effet, tout cela se retrouve vite aux oubliettes face à l’ambiance qui se dégage du jeu. Le moindre détail a été pensé pour renforcer l’univers si particulier de Bullworth et de son campus puisque les développeurs ont fait évoluer les environnements en fonction de l’époque de l’année. L’aventure démarre bien en septembre pour s’achever l’été qui suit. Entre deux, et au fur et à mesure de la réalisation des missions de la quête principale, il faudra affronter l’automne et sa fête d’Halloween puis viendra l’hiver et son manteau neigeux… Nous terminerons le tour du propriétaire par la bande son qui finit d’enfoncer le clou : entre les compositions originales accompagnant les différentes actions du héros de façon savamment orchestrée aux voix des différents protagonistes parfaitement dans le ton, il n’y a rien à redire. Comme pour ses autres productions, Rockstar préfère garder une V.O. anglaise et compléter par une traduction française littérale.