Test Destroy All Humans ! Lachez le gros Willy !
La série des Destroy All Humans débarque pour la première fois sur Nintendo Wii avec un concept totalement novateur : contrôler une mascotte de fast-food du fin fond de l'Amérique des années 80. Un grand n'importe quoi toujours orchestré par THQ mais développé par une autre boite que celle à l'origine de la franchise. Bonne ou mauvaise nouvelle ?
Crypto s'en va en guerre…
Après avoir défrayé la chronique dans les années 70, Crypto l'extraterrestre graveleux aux innombrables clones et son mentor holographique débarquent sur Terre pour prendre le pouvoir sur une chaîne de fast-food et en faire la meilleure de toute l'Amérique. Un scénario complètement rocambolesque pour un jeu qui l'est tout autant, surtout par ses cinématiques. Pour la première fois d'ailleurs, celles-ci sont entièrement doublées en français. La voix de Jack Bauer pour un extraterrestre au registre de vannes qui n'a rien à envier à un Cauet ou Philippe Bouvard, voilà qui change de l'ordinaire. Les doubleurs sont plutôt bons mais il est regrettable de s'apercevoir que plusieurs voix ne collent vraiment pas avec les personnages, surtout si l'on a goûté à la version originale pendant les deux précédents épisodes…
Lâchez le Gros Willy fait dans le classicisme le plus absolu. On peut même parler de régression puisque graphiquement le jeu fait réellement peine à voir face à un second épisode qui avait déjà bien plus de textures à nous proposer. Ici, tout est grisâtre, taillé à la hache et on a bien du mal à croire que la Wii n'est pas capable de bien mieux. Néanmoins, si seuls les graphismes sentaient le réchauffé, les joueurs s'y retrouveraient sans problème. Mais les environnements, les personnages, les lieux, les armes… Tout relève du déjà-vu/déjà joué dans un précédent opus, une véritable honte ! On a constamment l'impression d'assister à une sorte d'énorme melting-pot mal cuisiné, réalisé avec un éditeur de niveau simpliste en seulement quelques mois de développement. La période restante ayant surtout servi à proposer un gameplay à la Wiimote original et novateur… sur le papier.
À droite, j'ai dit !
À pied, le Nunchuk sert à diriger son personnage et la Wiimote, la caméra. Sortez de l'écran et il en est fini de votre petite marche sympathique. Déjà, ici, nous tenons une très mauvaise idée. Mais quand en plus la caméra se fait extrêmement lente, peu précise et qu'à chaque mouvement un peu brusque ceux-ci ne concordent plus, alors il y a de quoi furieusement s'énerver devant son écran. Imbuvables aux premiers abords, les contrôles s'adoptent très difficilement, sans jamais être pleinement amadoués. L'expression "faire avec" prend ici tout son sens tant le plaisir de jeu n'est absolument pas présent. De bonnes idées sont pourtant au rendez-vous avec par exemple la présence de cibles à toucher avec le pointeur avant de pouvoir prendre le contrôle d'un humain, mais le viseur n'est absolument pas précis et tout se fait au bon vouloir du jeu qui se révèle plus ou moins tolérant selon les moments.
Aussi, Lâchez le Gros Willy propose l'habituelle utilisation de la soucoupe. Sauf qu'ici, la Wiimote est aussi au rendez-vous. Si descendre et monter grâce au contrôleur se fait plutôt naturellement et est bien retranscrit à l’écran, ce sont surtout les différentes rotations (extrêmement lentes) qui viennent fâcheusement pénaliser la progression du joueur. Néanmoins, tirer un énorme laser sur les habitants de la ville se révèle toujours aussi amusant. Dommage que le tout soit aussi moche.
Enfin, la raison d'exister de ce jeu, la bonne trouvaille du siècle, le côté "kawaï" qui plaira aux plus jeunes joueurs (qui n'ont nullement à entendre les blagues proposées qui flirtent avec le sexe, la drogue et la scatophilie), nous avons nommé le Gros Willy. Au passage, celui-ci reste très sympathique à jouer, mais sans plus. Les yeux lasers et la possibilité d'écraser tout ce qui bouge, voire même ce qui est immobile, sont quelques-unes des actions particulièrement amusantes à réaliser, mais la réalisation globale est tellement décevante que l'on s'ennuie vite devant son écran. Ici par contre, la Wiimote réagit plutôt bien. Forcément, le personnage ne demandant pas des réflexes de tous les instants pour ne pas mourir, on s'en sort bien mieux.
On prend les mêmes…
Malheureusement ponctué par de nombreux défauts inhérents à la série des Destroy All Humans, ce nouveau volet propose une difficulté totalement hasardeuse qui rend certaines missions quasi impossibles à terminer, à tel point que certains pourraient s'en arracher les cheveux. Aussi, les checkpoints se font beaucoup trop rares et obligent à recommencer plusieurs fois une simple action avant de perdre devant un objectif trop flou ou mal expliqué. Néanmoins, les qualités des anciens titres sont aussi au menu : une ambiance bon enfant qui rend le jeu très facilement accessible à la plupart des adultes avides d'univers décalés et une liberté totale qui, bien qu’assez rebutante de part la répétitivité des actions, permet quelques bons moments, du moins quand le personnage est bien armé.
Aussi, le scénario propose plusieurs grands moments de pur délire, comme cette mission nous demandant de reformer le groupe des Village People. Dommage que la trame principale soit si décevante, sans quoi le jeu aurait gagné en intérêt. Enfin, du côté des armes, on retrouve nos habituels joujoux favoris : sonde anale, chocs électriques… Le plaisir de tuer de l'humain avec ces impensables armes est toujours bien présent. Malheureusement, les fans de la première heure seront vraiment déçus de ne voir aucune nouveauté dans leur inventaire. Le système d'évolution proposé et d'ailleurs un peu trop simplifié et ne demande désormais que d’accomplir quelques objectifs tels que tuer un certain nombre d'humains d'une façon précise ou récupérer quelques objets spécifiques. Les nouveaux venus n'y prendront cependant pas garde et découvriront un armement original des plus sympathiques, surtout face aux autres productions trop terre-à-terre.
Néanmoins, malgré des qualités qui ne proviennent que du concept de base dont les développeurs de ce Gros Willy ne sont absolument pas les auteurs, ce jeu ne semble être que l'ombre d'un véritable troisième épisode espéré comme salvateur pour tous les amateurs de cet univers trop jovial pour être abandonné. Décevant.