Test Escape from Bug Island
Disponible depuis belle lurette au Japon, Escape from Bug Island de Spike débarque chez nous grâce à la bonne volonté d’Eidos qui a pris l’énorme risque de l’éditer sur le territoire européen. Le titre ne vous dit absolument rien ? C’est normal, il était déjà passé quasi-inaperçu au Japon sous le nom de Necro-Nesia. Pourtant, l’idée de nous proposer un jeu d’aventure basé sur l’univers des séries B laissait présager de bonnes tranches de rires, et surtout une jouabilité profitant pleinement des caractéristiques de la Wiimote. Le verdict dans notre test complet !
Le jeu qui fait re-peur
A l’origine d’Escape from Bug Island, il y a une petite équipe de développement complètement barrée qui a eu l’excellente idée de produire un survival horror mêlant suspense et action. Le concept est plutôt bon et n’est d’ailleurs pas sans rappeler la série des Simple 2000 qui connaît un succès retentissant sur PlayStation 2. Pour rendre le tout plus crédible, Spike a décidé d’inclure un scénario à l’eau de rose directement inspiré du film Monster Island. Ce nom ne vous dit strictement rien ? C’est encore une fois normal, il s’agit d’un nanar intersidéral avec Carmen Electra en guest star poursuivie par des hordes d’insectes géants sur une île. Vous prenez ce concept, mais vous échangez Carmen Electra contre un jeune couple et un jeune homme et vous obtenez Bug Island.
Le jeu nous propose de découvrir les péripéties amoureuses du jeune couple composé d’une jeune femme fascinée par la nature et de son mari horrifié par les insectes. Celui-ci pense que le jeune playboy qui les accompagne veut lui ravir sa copine et il commence petit à petit à douter de son amour pou lui… S’installe un climat lourd et propice au défi, mais les différents protagonistes ne tardent pas à se rendre compte que quelque chose cloche sur l’île. Des milliers d’insectes géants affamés de chaire fraîche surgissent tout à coup et sèment le désordre parmi le petit groupe. Commence alors un long périple pour nos jeunes amis qui devront combattre des hordes d’araignées géantes pour espérer quitter l’île indemnes…
Voilà pour l’histoire. Le gameplay, lui, reprend les bases de n’importe quel jeu d’action / hack & slash, à la sauce Wii. Concrètement, Spike tente désespérément d’imposer un climat d’épouvante mais ne parvient néanmoins qu’à faire ressortir l’aspect comique grand guignol, dans un jeu d’action où le joueur devra continuellement luter contre des insectes géants en brandissant dans tous les sens des armes nombreuses et variées parmi lesquelles le bâton occupe une place prédominante. Dans le fond, le jeu n’est pas fondamentalement mauvais, mais l’application qui en est faite est tout bonnement exécrable. Difficile en effet de fermer les yeux sur cette mécanique de jeu aussi vieille que le jeu vidéo qui consiste à avancer toujours tout droit, à trouver une clé, puis à passer à la zone suivante, tout en prenant soin de se débarrasser des insectes. Très vite, le concept s’use et finit par tomber dans la répétitivité intense pendant plus de 10 heures de jeu, après quoi le joueur pourra enfin admirer la cinématique de fin… D’une rare stupidité. En plus d’être extrêmement répétitif et ennuyant au possible, Escape from Bug Island souffre d’un manque flagrant de précision dans les affrontements. Comprenez par là qu’il est extrêmement difficile d’exploser un insecte de taille réduite étant donné que les contrôles ne vous permettent pas de viser précisément. En revanche, vous ne ferez sans doute qu’une bouchée des grosses bestioles. On nage dans le grand n’importe quoi et les animations désastreuses des personnages, tout comme la mise en scène ancestrale du jeu, finiront sans doute par vous faire abandonner la partie. Ajoutez à cela des combats assez mous dans lesquels le joueur tentera désespérément de trouver une once de frénésie et vous comprendrez que jamais la Wii n’aura produit un spectacle aussi affligeant. A 50€ le produit, ça fait cher payé l’arnaque.
Complètement à l’ouest
Au Japon, de nombreux studios de développement choisissent volontairement d’opter pour des productions à petit budget. Il faut dire que la plupart des titres qui sortent là bàs ne verront sans doute jamais le jour chez nous. C’est pourquoi le budget octroyé au développement d’Escape from Bug Island a été extrêmement limité. Raison pour laquelle le jeu se pare d’un design graphique épuré à l’extrême. Concrètement, Bug Island est horriblement laid. Comprenez par là que le titre a une identité graphique proche des jeux présents sur Nintendo 64. Tout ou presque a été conçu à la truelle : tant les décors que les ennemis, ou même que les personnages, qui ont néanmoins bénéficié d’un traitement de faveur grâce à un filtre qui les rend vaguement flous. A 50€ le produit, on se doute que la marche de gain doit être énorme vu le manque de moyens investis ! Et le constat empire encore lorsqu’on prête attention à la bande sonore, principalement composée de quelques thèmes assez redondants, mais aussi de bruitages qui ne sont pas sans rappeler ceux des vieux films d’horreur des années 70…