Test Mario Strikers Charged Football
Si Mario Smash Football sur GameCube n’avait pas réussi à totalement convaincre les joueurs lors de sa sortie en 2005, Mario Strikers Charged Football n’a en revanche cessé d’éveiller la curiosité depuis sa présentation à la Game Convention l’année passée. Fer de lance du jeu en ligne made in Nintendo, le soft de Next Level Games a t-il pour autant d'ores et déjà remporté le match ?
Le football selon Mario et compagnie
Les erreurs commises sont toujours utiles si l’on en prend compte pour un travail futur. Le studio canadien en charge du développement de ce second opus de Mario Football l’a bien compris et c’est sans retenue que nous pouvons d’ores et déjà affirmer que l’opus GameCube est tout simplement à oublier dans les lignes qui vont suivre. Ainsi, nous ne passerons pas notre temps à effectuer quelconque comparatif inutile. Mario Strikers Charged Football regroupe donc les figures clés du monde de Nintendo que sont Mario, Luigi, Bowser, Peach, Wario, Waluigi, Donkey Kong, Yoshi, Daisy, Bowser Jr, Didi Kong et Flora Pirahna. Si les trois derniers sont à débloquer, les autres protagonistes vous seront directement accessibles et pourront ainsi incarner le rôle de capitaine. Car un match de foot au pays de Nintendo, c’est avant tout un capitaine de renom et trois autres coéquipiers d’une moindre importance. Au nombre de huit, Skelerex, Topi Taupe, Toad, Boo, Koopa, Birdo, les Frères Marto et Maskass, il ne faudra pourtant pas négliger leur rôle tant ils auront la capacité de faire basculer une partie. Avant de commencer chaque match, il vous faudra donc effectuer un choix stratégique dans la composition de votre équipe avec d’une part un capitaine doté d’une attaque qui lui est propre et des caractéristiques qui le sont tout autant, et d’autre part des coéquipiers aux mentalités différentes qui devront se compléter pour former l’équipe parfaite.
Le choix est donc fait, il est temps d’entrer sur l’une des arènes proposées. Après avoir choisi entre cinq niveaux de difficultés, le nombre de matchs dans une série et fixé une barrière de temps ou de buts marqués pour clore une partie, pas moins de 17 arènes défilent devant nos yeux et se proposent d’être le champ de bataille du match. Certaines sont assez classiques, comme La Fabrique, Le Dôme de Combat ou le Stade Bowser, alors que d’autres recèlent de pièges en tous genres comme l’Ile Eclair, le Volcan ou encore le Tombeau. Chaque carte apporte donc son lot de variétés et participe grandement au déroulement de la partie. Les nombreux bonus qui apparaissent au cours du jeu sont également des éléments indispensables au bon dénouement d’une rencontre. Ces derniers sont assez semblables à ce que l’on pourrait trouver dans la série Mario Kart à savoir les carapaces vertes rouges ou bleues, les peaux de bananes, l’étoile ou encore le champignon. Ils vous sauveront plus d’une fois lorsque votre adversaire se présentera seul face au gardien ou lorsque vous aurez besoin de place pour effectuer la Mega Frappe de votre capitaine. Mais pour effectuer ce fameux tir, qui peut vous permettre de marquer jusqu’à six buts d’un seul coup, chaque capitaine dispose d’une super technique propre à son univers comme par exemple Mario qui triple sa taille et devient Super Mario, Yoshi qui se transforme en œuf pour écraser tout le monde ou encore Bowser qui crache du feu autour de lui. Par ailleurs, vos coéquipiers également pourront effectuer un tir spécial qui s’avèrera tout aussi efficace. Quoiqu’il en soit ces items, dont les super techniques des capitaines font parties, apparaissent de façon bien aléatoire et il faudra les utiliser à bon escient pour essayer de marquer le plus de buts possibles.
Drible du Nunchuk et tir de la Wiimote : le but gagnant ?
En se présentant sur la Wii, Mario Strikers Charged se devait de fournir un gameplay solide et bien adapté au couple Wiimote/Nunchuk. En ce domaine, le studio de développement canadien a fait preuve de lucidité en trouvant la combinaison gagnante. Plus explicitement, le Nunchuk vous servira à diriger votre personnage, envoyer une balle en l’air et déclencher un item. La Wiimote quant à elle se secoue pour mettre un coup d’épaule à un joueur adverse, sert à effectuer une passe et permet de tirer en laissant plus ou moins longtemps appuyer sur le bouton B. A noter que pour la Mega Frappe de votre capitaine, une jauge fera son apparition et il faudra faire preuve d’habileté pour arrêter le curseur au bon moment, ce qui déterminera et le nombre de tirs qui seront effectués et leur puissance. Enfin la flèche multi-directionnelle vous permettra de faire des tacles et très important, le curseur de la Wiimote vous permettra d’effectuer des arrêts lorsque votre adversaire effectuera une Mega Frappe. D’un abord simpliste, cette jouabilité demande pourtant un minimum de maîtrise qui ne pourra se faire sans un passage vers le mode Entraînement. Bien conçu, il vous apprendra toutes les bases nécessaires. Vous serez alors prêt pour un match en mode Domination, qui fait office de mode Exhibition, ou même pour la Coupe Striker qui vous proposera d’abord de remporter la coupe de Feu et la coupe Cristal. En plus de proposer un palliatif intéressant au mode de jeu classique, ces coupes permettront surtout de débloquer les arènes restantes et les personnages manquants. On apprécie également l’absence de match nul dans le jeu qui verra donc les équipes se partager grâce au but en or. Ce dernier ajoute une belle touche d’intensité à la partie que l’on joue seul ou à plusieurs, en ligne ou en multijoueur local.
Mais après avoir effectué ces coupes, Mario Strikers Charged montre vite ses limites dans ses modes de jeu offline. Certains problèmes que peut poser le gameplay y sont pour beaucoup. Tout d’abord, et sans doute le plus important, il s’agit de la clarté du jeu. Avec des équipes qu’on ne différencie pas toujours, des items qui envahissent le terrain, des arènes assez petites et une caméra capricieuse, le soft se veut décidemment très brouillon. Si cela fait indéniablement partie de l’ambiance du jeu, il n’en demeure pas moins que le match peut s’en retrouver confus à tel point que certains joueurs seront vite rebutés alors que d’autres se contenteront d’attendre que la confusion passe pour se remettre dans la partie. Mario Strikers Charged souffre également d’un manque de variété dans les caractéristiques des capitaines et des joueurs. Bien souvent proches ou similaires à d’autres personnages, les protagonistes du titre perdent un peu de leur charme et leur force et on en oublie leur glorieux passé vidéoludique. En mode de jeu en ligne, les difficultés du gameplay sauteront vite aux yeux des joueurs imprudents ne s’étant pas entraînés seuls avant de débarquer dans cet univers online. Quant aux plus minutieux, ils découvriront alors que le jeu s’offre quasiment une deuxième vie à tel point qu’on ne peut imaginer se procurer le soft de Nintendo sans être sûr de se connecter à la Wi-Fi Connection. Là encore on regrettera de n’avoir accès qu’à des matchs entre amis, donc en s’échangeant les codes Mii, et des parties officielles qui vous feront rentrer dans le classement, trop aléatoire quant à l’adversité proposée. Deux modes de jeu bien pauvres que le plaisir de jouer en ligne fait heureusement vite oublier.
Carton jaune pour la réalisation technique ?
Comme de nombreux jeux Wii, l’esthétique du soft n’arrive malheureusement pas à nous surprendre par rapport à ce qui se faisait sur GameCube. Mario Strikers Charged Football est donc charmant, bourré d’effets visuels convaincants, d’univers tout aussi réussis mais au final nous ne sommes que peu attentifs vis-à-vis de cette ambiance graphique commune. Du côté de la bande-son, c’est tout aussi moyen. Des musiques répétitives, des personnages dont on entend trop peu la voix, des effets sonores discrets, là encore le jeu aurait mérité d’un peu plus d’attention de la part des développeurs. Si tout cela ne reste que très peu gênant dans le bon déroulement du jeu, on ne peut qu’émettre une pointe de déception par rapport à ces deux éléments.