Test Ninja Reflex
Après nous avoir proposé de danser de façon plus ou moins réaliste avec Boogie, la branche "casual" d'Electronic Arts revient avec un jeu demandant d’affûter ses réflexes. Utilisant forcément la wiimote à bon escient, le titre se veut être un véritable hommage aux ambiances ancestrales japonaises tant appréciées dans les nombreux films du genre. Toutefois, une fois le contrôleur en main, le soft est-il suffisamment ludique pour convaincre ?
Ninja Casual
Tout commence sur de petits environnements au filtre sépia plutôt agréable même s’il faut reconnaître que graphiquement on a déjà vu bien mieux sur la console de salon de Nintendo. Malgré tout l'atmosphère est prenante et l'ambiance "Japon ancestral" est tout à fait bien rendue. C'est alors qu'on nous demande de choisir un pseudonyme. Requin incroyable, Jardin glamour, Plumeau prompt, Désert aguicheur, Faucon malicieux… Les noms sont rocambolesques, mais bien dans l'esprit du jeu qui assume tout à fait son côté zen. Notons au passage que les plus difficiles pourront opter pour une option permettant de choisir son nom de manière totalement aléatoire. Mieux encore, au fil des succès de nouveaux noms viendront s'ajouter à la liste pour toujours plus de personnalisation. Une fois ce nom choisi, il ne reste plus qu'à découvrir le fond de ce Ninja Reflex assez enthousiasmant de prime abord.
Dès son lancement et après une assez longue introduction faite par un brave vieil homme amateur de yoga (notre Sensei) entièrement doublé en français, Ninja Reflex semble bien avoir un lien de famille avec certains programmes d'entraînements cérébraux. Comprenez par là qu'il s'agit, sur le papier, de participer de façon journalière à plusieurs épreuves pour augmenter son niveau et ainsi s'améliorer au fil des semaines. Mais que les amateurs de liberté décompressent : il n'est pas question de limiter le joueur à quelques mini-jeux à faire chaque jour. Il est en effet possible de terminer le titre d'une traite en alignant les épreuves en une petite journée. C'est d'ailleurs un des principaux défauts de ce Ninja Reflex : il n’y a exactement qu'une demi-douzaine d'épreuves, et ce sans compter la partie méditation qui ne servira qu’à un très faible nombre de joueurs. Le Shuriken propose tout d'abord de lancer des petites étoiles tueuses sur des cibles en bois. L'épreuve du Koi n’est rien de plus qu’une partie de pêche à main nue. Le Hashi propose de capturer des mouches avec une paire de baguettes. L'Hotaru déclare la chasse aux lucioles ouverte. Le Katana propose des duels de sabre et, enfin, le Nunchaku offre la possibilité d'exploser des pastèques et des caisses en bois que le Sensei envoie à une vitesse très aléatoire. Ces six épreuves complétées, l'examen final est rendu accessible. Celui-ci se compose de trois épreuves choisies au hasard. Une bonne note générale permettra au joueur d'accéder à une ceinture de couleur plus évoluée que la précédente. Le but étant, bien entendu, de récolter les onze ceintures disponibles pour afficher fièrement la ceinture noire qui prouvera votre suprématie.
Réflexes à répétition…
Au niveau du gameplay, la reconnaissance des mouvements n’est pas vraiment exceptionnelle et l’épreuve du Katana finira par en rebuter beaucoup tant les mouvements qui sont retranscrits sont bien trop imprécis. Néanmoins les épreuves restent accessibles et on prend plaisir à les jouer quand on prend le temps de bien lire les énoncés. Si le mode solo est moyennement convaincant, il faut bien avouer que le mode multijoueur demandant de comparer ses réflexes à ceux de trois amis est plus que sympathique. Il permettra toujours de passer une bonne soirée, mais pas forcément plus… Le concept de base est bon et s’adresse vraiment aux casuals mais il est regrettable de voir que le titre manque de profondeur.
Toutefois, histoire de ne pas rendre le but ultime beaucoup trop facile, chaque ceinture débloquée entraîne une diversification des six épreuves en proposant de nouveaux objectifs. Des variantes apparaissent donc dans le menu de sélection, demandant par exemple d'attraper une luciole d'une certaine couleur, de pécher un poisson d'une certaine taille ou de lancer des shurikens sur trois cibles identiques. Ce qui augmente très artificiellement la durée de vie du jeu puisqu'il sera nécessaire de réussir chaque variante débloquée de chaque épreuve pour avoir accès au prochain examen et ainsi atteindre la prochaine ceinture. C'est là qu'entre en jeu le second gros défaut de ce titre : sa répétitivité. Forcément, avec six épreuves, difficile de tenir le joueur en haleine plus d’une soirée ou deux.
Il est nécessaire de rappeler que Ninja Reflex a avant tout été développé pour n'être joué que par petites séquences de quelques minutes. Si on joue vraiment le jeu de l'examen journalier, il y a moyen de ne pas trop se lasser de ce titre qui possède toutefois de très bonnes idées et une réalisation honnête. Dommage que l'on en fasse bien trop vite le tour !