Test Red Steel
Déjà disponible depuis le lancement de la console en Europe, Red Steel d'Ubisoft fut le premier jeu d'un éditeur tiers à se montrer lors de la conférence de l'E3 2006. Impressionnant dans son gameplay, il jurait pourtant graphiquement face à la montée des concurrentes Next-Gen. Qu'en est-il au final ? Le jeu valait-il que l'on s'acharne autant sur lui ? Et le multijoueur, est-il efficace ? Toutes les réponses à ces questions sont dans le test ci-dessous !
Un scénario à la Steven Seagal
Après un menu principal très stylé et un gameplay original, Red Steel vous plonge directement dans l'ambiance. Vous êtes le fiancé d'une jeune et ravissante femme dont le père est un puissant et respecté Yakuza. Alors que vous vous apprêtez à faire sa rencontre, la jeune fille se fait kidnapper par un clan rival et vous vous retrouvez dans cette grande salade d'intrigues qui se révélera bien plus consistante à ses débuts… mais pas trop. Car effectivement, si le scénario est bien présent il pêche gravement dans sa présentation style Comics épurée qui ne devrait pas faire que des heureux. Aussi, malgré les nombreux cheminements de l'histoire, difficile de se convaincre que cet univers est réel et intéressant. La faute à des dialogues trop sur joués et surtout un manque cruel de profondeur nous rappelant bien vite les meilleurs films d'un Van Damme ou d'un Chuck Norris. Les répliques cultes en moins…
Mais ce n'est pas pour son histoire que le public s'intéresse à Red Steel. C'est un FPS avant tout ! Ce qui les intéresse en premier lieu c'est le gameplay, entièrement dédié à la wiimote et au nunchuk de la console. Alors, qu'en est-il de l'utilisation de ces deux petits gadgets décidément plein de surprises ?
Un sabre lassant !
La grosse première moitié du jeu sert d'énorme tutorial, en plus de quelques séquences découvertes qui parsèment le jeu de toute part. L'occasion de découvrir que si les FPS ont toujours été mieux lotis sur PC avec la combinaison clavier-souris irréprochable, la Wiimote en a tout autant dans le ventre. En effet, les mouvements sont fluides avec le nunchuk et la visée est très précise (les HeadShots se font très facilement, sans aucune assistance du jeu).
De nombreuses armes totalement imaginaires (mais clairement inspirées de modèles réels) sont à débloquer. Shotgun, Uzi, Mitraillette ou Fusil Sniper occupent votre arsenal composé au maximum de deux armes. Le Sniper demande cependant un gros temps d'adaptation puisque une fois le zoom établi, les commandes sont beaucoup plus souples et le moindre tremblement devient une véritable galère. Difficile de ne pas y croire dans ces conditions ! Aussi, il est possible d'activer vers la moitié du jeu une sorte de Bullet-Time qui, tout en mettant en pause la progression des ennemis, vous permet de viser des parties spécifiques de leurs corps. Un coup dans la main du porte-flingue et le voila démuni de toute arme ! Très pratique pour se faire respecter sans tuer. Un respect d'ailleurs établi par des points qu'il est nécessaire de glaner pour obtenir les meilleurs scores possibles.
Néanmoins, toutes ces bonnes idées et ce gameplay pourtant très prometteur ont de gros bugs. En effet, nombreux sont les problèmes qui apparaissent lors de la progression et le plus souvent, cela est en rapport avec la position du curseur. Si vous tentez de tirer un peu trop à gauche ou à droite, vous vous retrouvez complètement en dehors de l'écran et perdez de précieuses secondes à vous replacer au centre pour mieux recommencer. Aussi, on note quelques sautes de curseurs qui vous téléportent dans certains coins, même si ce problème se fait déjà plus rare. Si dans la globalité, ces problèmes ne sont pas impitoyables, ils restent toutefois très ennuyants voire complètement frustrants. Mais au delà, le jeu devient assez agréable avec une arme à la main. On s'y croit réellement. Peut-être est-ce la découverte de cette nouvelle façon de jouer qui nous rend si aimable avec le gameplay ? Sans doute. Il serait intéressant d'y revenir dans quelques mois, quand la concurrence aura fait son travail !
La seule véritable déception intervient là où on pensait malheureusement ne pas en trouver : lors des phases de combats au sabre. Pour commencer, l'aire de jeu se retrouve limitée. Une sorte de ring imaginaire ne vous permet pas de dépasser certaines limites. Si vous touchez un mur ou vous éloignez trop de votre assaillant, le jeu se met en mode cinématique (avec les bandes noires) et vous repositionne. Quant à l'action pure, elle se fait vraiment très molle. Par à-coups. Il y a des contres, du cassage de sabre ennemi et une barre de vie, mais le tout ressemble à un gros Quicktime Event façon Shenmue, les boutons et la rapidité en moins. Impossible aussi de se servir de son sabre contre les autres ennemis si ce n'est au corps à corps (mais il est assez suicidaire de vouloir les approcher de si près !). Grosse déception de ce coté-ci avec des scripts archaïques qui datent des plus vieux FPS.
Ambiance J-Pop
Si la bande son est une vraie réussite, elle est malheureusement ennuyante au bout de quelques heures de jeu. La faute à des thèmes trop peu nombreux (trois en tout) et des musiques d'ambiances répétitives. Mais nul doute que les amateurs de rythmes originaux ou de grandes chorales bien entraînantes se régaleront pendant certains passages du jeu qui vous demande un peu d'héroïsme à la John McClane. Dommage qu'il n'y est pas un scénario aussi travaillé que dans ceux des films de McTiernan.
Graphiquement, le jeu est comme on le redoutait. Désuet, pas très charmeur, moche. Certains effets de lumières sortent du lot. Quelques rares explosions impressionnent quand elles ne traversent pas les murs. Rares sont les textures à nous en mettre plein la vue. Mais il existe des exceptions et elles sont le plus souvent présentes dans les niveaux se déroulant au Japon. Dépaysement total avec le reste du titre, ces passages sont franchement agréables à explorer et les environnements se font vastes, malgré la linéarité globale du soft. Ou presque, puisqu’au bout de quelques heures de jeu le scénario vous propose de faire des choix de missions. Même si au final toutes doivent être effectuées, cela reste très agréable !
Reste que le jeu ne convainc franchement pas. La faute à une réalisation poussive et à un gros manque d'intérêt. Même le multijoueur pêche par un manque de contenu évident. Reste les rares bons moments (le personnage tout droit débarqué d'un Sentai ou le passage dans le Lav-O-Matic), la bande son et… l'espoir qu'un second opus nous proposera une vraie bonne expérience comme on nous l'avait promis à l'E3 2006 !