Test Spider-Man 3
Une araignée se balançait sur sa toile quand tout d’un coup, elle chuta sur une Nintendo Wii qui n’attendait qu’elle pour booster ses ventes de jeux à licences. Pas le temps de se maquiller, de se faire belle pour ce rendez-vous avec plein de chiffres derrière. Du coup, sur Wii aussi, c’est un peu la catastrophe. Parce que cette version est différente des autres, en pire (oui, c’est possible), voici un test complet qui fera du bien à vos économies !
Et là, c’est la chute…
Après plusieurs jeux plutôt sympathiques sortis sur la plupart des consoles portables existantes, le développeur Vicarious Vision, dépendant d’Activision et très ami avec les petits gars de Treyarch (Spider-Man sur les consoles de nouvelle génération) et NeverSoft (la série des Tony Hawk), aurait clairement dû faire appel à ses connaissances lors du développement de ce jeu Nintendo Wii. Par quoi devons nous commencer ? Les graphismes sans doute. Lorsque le jeu se lance, le sobre menu et la sympathique voix qui nous accueille (doublée par Bruce Campbell en V.O) ne nous choque pas. C’est plutôt la qualité graphique qui est directement mise en cause. Les personnages sont modélisés façon « Angle Droit » et les décors ne sont pas folichons. Mais nous sommes pour l’instant en intérieur. Oui, ce n’est encore rien. Le pire est à venir. Et si nous sortions du bâtiment ?
Mauvaise idée ! Les bâtiments n’ont que deux ou trois couleurs (on ne peut même pas parler de textures ici) et la distance d’affichage n’est clairement pas adaptée. Tout est très uniformisé, rien n’est vraiment bien structuré. La modélisation des personnages est d’un ridicule sans nom et les faciès se répètent inlassablement. Le jeu est d’une qualité graphique totalement honteuse, même pour la console de Nintendo qui a déjà prouvé qu’elle était capable de bien mieux. Mais le pire reste encore les cinématiques qui, identiques à celles de la version de nouvelle génération, sont d’une mocheté sans nom. Au delà de la déjà très mauvaise réalisation de celles-ci, c’est surtout dans leur compression que se pose le problème. C’est fade, grisâtre et franchement répugnant.
La ville est vaste, c’est vrai. Les développeurs ne nous ont pas menti à ce sujet, mais ils ont oublié d’y ajouter un grain de folie, une once d’irréalisme pour rendre au jeu son fun d’antan (celui des Spider-Man 2 et autres Ultimate Spider-Man sortis sur GameCube). La ville est surtout très carrée, trop peut-être. Les bâtiments sont nombreux certes, mais il se ressemblent beaucoup et finissent par nous faire perdre tout point de repère. Mais avant de se perdre, encore faut-il pouvoir contrôler notre super héros préféré. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises !
Inconfortable !
Ce n’est rien de le dire. En effet, les commandes à la Wiimote sont franchement mal pensées. Elles demandent un petit geste du poignet dans la direction voulue pour tisser sa toile sur un bâtiment. La télécommande pour la main droite, le nunchuk pour la main gauche. Le problème, c’est qu’en plus d’être trop rapide et trop fatiguant ce principe n’est pas du tout pratique. Il en devient même parfois rébarbatif. A vouloir se la jouer « réaliste », le concept s’approche plus de la bêtise qu’autre chose. En fait, celui-ci aurait pu être bon si le Level-Design avait été adapté dans ce sens mais ici, avec les petites ruelles, ce n’est pas vraiment le cas. Sans parler des réactions du personnage qui n’hésite pas à se tordre dans tous les sens et à se retrouver totalement hors caméra à virevolter un peu partout. Oui, en plus de se casser les poignets, il va falloir le faire en douceur. Vous voilà prévenus !
Le gameplay est pourtant varié grâce notamment à la diversité des missions, aléatoires ou non, puisqu’en plus des différentes trames du scénario, certains passages aléatoires viennent donner un peu de piment à une progression forcément assez linéaire. Sympathiques au début de l’aventure, ces missions deviennent vite rébarbatives. La faute à leur manque d’originalité sur le long terme. Pire, certaines fois elles coupent le rythme du scénario principal sans crier gare. Pour continuer à parler de missions originales, il est aussi utile de préciser que la trame scénaristique proposera aussi son lot de missions autres que les sempiternelles bastons et autres courses entre immeubles. La prise de photo par exemple sera un des passe-temps favoris du jeune Peter Parker. Par exemple, il sera utile de ne pas se faire repérer lors d’une invasion de lézards afin de pouvoir proposer une jolie « une » au rédacteur en chef du Daily Bugle : J.Jonah Jameson. Un véritable tyran !
La « grande » originalité du jeu provient aussi de l’utilisation du costume noir, le symbiote. Si sur Next-Gen celui-ci pouvait être porté totalement librement et donc de façon très fidèle à celle du film (malgré une incompréhensible utilisation d’une jauge de « rage » qui casse l’ambiance), ici il n’en sera rien. Le costume noir ne peut-être utilisé que lorsque l’on passe dans un cercle dédié à cette option. Alors, Spider-Man porte le Symbiote et frappe bien plus fort ses ennemis. La différence, c’est que le port de ce costume est limité par un compteur qui s’affiche dès lors qu’on l’enfile. Stupide ! Si vous ne faites pas la bonne combinaison de touches à temps, vous vous évanouissez et c’est le Game Over. Et c’est à cet instant précis que les fans se mettent à pleurer…