Test Worms : L’Odyssée Spatiale
En 1994, les plus anciens d’entre nous découvraient pour la première fois sur Amiga un tout nouveau titre nommé Worms basé sur un concept simple : faire combattre des vers de terre dans un jeu en 2D au tour par tour. Fraîche, novatrice et misant tout sur l’humour, cette nouvelle franchise signée Team17 avait su conquérir les joueurs de l’époque. Après de nombreux volets en 2D et même en 3D, la série atterrit sur la Nintendo Wii dans un épisode sous-titré l’Odyssée Spatiale. Reste alors à se poser une question qui brûle les lèvres : ce nouvel épisode réussira-t-il à convaincre les habitués et à satisfaire les néophytes ?
Un univers bien trop petit
Nos pauvres vers n’ont vraiment pas de chance puisque, au cours d’un petit voyage dans l’espace, ces derniers perdent le contrôle de leur vaisseau. C’est alors que surgit le joueur qui, tel un phare, doit guider les Worms vers la planète Terre. De prime abord le voyage s’annonce long et semé d’embûches mais on ne tarde pas à découvrir qu’il suffit en fait de quelques heures pour traverser les six environnements cosmiques que sont Cavernia, Tenticlia, Glazor, Kaputzol, Mécanopolis ou encore la Terre. Notons d’ailleurs que pour avancer dans la partie solo, il faut réussir à terminer cinq défis bien différents (exterminer les vers adverses, user de stratégie et de finesse pour lutter contre l’ennemi, récupérer toutes les pièces du vaisseau qui ont été éparpillées par-ci par-là, etc.) ainsi que le mini-jeu qui fait office de boss. De quoi passer un bon après-midi, sans plus, avant d’appeler ses amis pour de nombreuses parties en local. C’est le seul moyen de s’amuser pendant des heures sans jamais s’ennuyer. En revanche, on aurait bien aimé prolonger le plaisir de jeu en affrontant des joueurs du monde entier mais les développeurs ont complètement omis d’implanter un mode de jeu en ligne. Résultat, si on n’a personne sous la main pour partager quelques bons moments, on n’a aucun intérêt à se procurer cette Odyssée Spatiale, surtout au prix fort.
Un mouton, deux moutons, trois mout…
Autre déception, les développeurs se sont contentés du strict minimum syndical puisqu’au final nous n’avons que six environnements et seulement une quinzaine d’armes qui n’ont strictement rien d’original. En effet, ces dernières proviennent des opus précédents et même si elles ont été relookées pour l’occasion elles n’apportent pas le grain d’originalité que tout le monde attendait. Mais le pire, c’est de s’apercevoir que des armes aussi mythiques que la Grenade Sainte ou la banane explosive ont été aspirées par un trou noir. Néanmoins, il faut bien reconnaître que le titre arrive à se rattraper sur bien d’autres plans. D’un côté, si l’aventure se termine rapidement, il est vrai que la possibilité de créer des cartes aléatoires ou d’en dessiner soi-même grâce aux outils mis à disposition permet de prolonger le plaisir de quelques heures. En sus, il faut bien avouer qu’après avoir passé un petit temps d’adaptation, on se rend compte que les contrôles sont des plus agréables et permettent une précision sans faille. Notons d’ailleurs que les plus joueurs pourront désactiver les pointillés rouges qui apparaissent lorsqu’on simule un lancer (pour cela il suffit de pencher sa Wiimote pour contrôler la puissance, d’appuyer sur la gâchette B et de faire le mouvement sans la relâcher). Ceci est pratique pour les néophytes mais les parties en sont bien trop simplifiées pour les habitués, surtout que de base le titre est relativement facile dans l’ensemble, du moins pour ceux qui connaissent déjà bien la série.
Oh my God!
Graphiquement, ce Worms tient la route. Les environnements sont un peu ternes et on remarque que le titre souffre d’un peu d’aliasing mais le design général est plutôt bon et le rendu final est loin d’être désagréable à l’œil. On se contente donc de ce qui est proposé et on se laisse bercer par la bande originale qui est tout bonnement excellente. Que ce soient les musiques ou les répliques des vers, on se laisse entraîner dans le « délire » et on sourit de temps en temps de la bêtise des Worms. L’univers de la série est bel et bien là et il est toujours aussi intéressant. Reste qu’au final tous ceux, ou presque, qui ont essayé un volet de la saga seront déçus de voir qu’il manque un brin d’originalité. Une fois de plus on a l’impression que la Team17 a préféré se reposer sur ses lauriers en essayant de satisfaire les joueurs de type casual plutôt que de tenter de convaincre les habitués.